À chaque début de mois, un objet (ou une série d’objets) est sorti des réserves puis exposé dans une vitrine dédiée à cet effet, située à l’entrée du Centre d’Interprétation du Patrimoine. L’objectif de cette présentation mensuelle est de renouveler le regard des habitués ainsi que de valoriser les collections et le travail effectué par les bénévoles de l’association tout au long de l’année.

MAI 2018 : les billes

Bille en pâte de verre – © ADVC Brie

 

Au Moyen Âge, on jouait à la gobille en terre ; plus tard, elle est devenue bille en perdant son préfixe. Une bille est un objet sphérique plus ou moins gros et plus ou moins lourd selon la matière employée. Elles mesurent en moyenne de 1,5 à 1,7 centimètre de diamètre.

Bille en terre cuite – © ADVC Brie.

Les billes peuvent être de matières différentes. On en trouve en pierre, en os, en terre cuite, en verre, en porcelaine ou en faïence et également en marbre (d’ailleurs en anglais la bille se dit marble).

Les billes sont tout d’abord des objets dits « écologiques », elles sont donc de  forme grossièrement sphérique puis elles deviennent un objet artisanal après la Renaissance. À partir de là, la bille devient une sphère parfaite.

Bille en silex – © ADVC Brie.

La fabrication de la bille en verre a dû probablement apparaître au XIVe siècle chez des fabricants vénitiens. Mais c’est l’invention des ciseaux à billes en 1846 par un souffleur de verre allemand qui marque le début d’une production intensive. La fabrication mécanique est plus récente et ne date que du XIXe siècle.

Bille en os – © ADVC Brie.

46 objets pouvant être assimilés à des billes ont été découverts au château de Brie-Comte-Robert. Parmi celles-ci, plusieurs billes pourraient être qualifiées d’« écologiques »  car elles sont de formes imparfaites, de tailles et poids variables. De même, les matériaux employés pour leur confection diffèrent : silex ou calcaire.

Bille en calcaire – © ADVC Brie.

Les autres semblent être manufacturées puisque certaines portent des traces d’outils. Leur taille est comprise entre 1,348 cm et 2 cm et leur poids varie en fonction du matériau employé à leur fabrication. Elles peuvent être en silex, en calcaire, en terre cuite (une est en terre cuite peinte), en os ou en pâte de verre.

Elles ont été principalement retrouvées dans des remblais (zones dans lesquelles la stratigraphie est perturbée et où des périodes d’occupation différentes peuvent s’imbriquer) ce qui complique leur datation.

AVRIL 2018 : la surprise de la chapelle Saint-Denis de l’église Saint-Étienne

La chapelle Saint-Denis (travée n°2, bas-côté sud) de l’église Saint-Étienne de Brie-Comte-Robert, est aujourd’hui constituée de vitraux teintés dans la masse, de formes géométriques.

© ADVC Brie.

Lors des travaux de restauration de l’église en janvier 2018, la boiserie de cette chapelle a été démontée. À cette occasion, une centaine de morceaux de vitraux en parfait état de conservation ont été découverts, à la plus grande surprise des ouvriers et des bénévoles de l’association.
Un puzzle dont on ne connaissait ni le dessin original ni le nombre de vitraux auxquels ils appartenaient.

Un défi !
Après avoir rassemblé les morceaux par série, l’association a pu déterminer qu’ils appartenaient à au moins deux vitraux, trois plus certainement.

Les recherches ont permis d’associer ces verres à des photos prises dans les années 60 et conservées à la Médiathèque du Patrimoine à Charenton-le-Pont. Ces photos montrent l’état des vitraux avant leur destruction. Les morceaux découverts pourraient correspondre à cet état.

MARS 2018 : la paléographie

Qui n’a jamais eu de difficulté à lire une ordonnance, une lettre ou un petit mot écrit à son intention ?

Indispensable à l’historien qui aborde des textes manuscrits anciens, la paléographie est l’art de lire et transcrire les écritures anciennes. Comme le savant déchiffrant une langue ancienne, le paléographe traduit en écriture moderne un texte rédigé dans une écriture inusitée.  Pour être un bon paléographe, plusieurs qualités sont requises : observation, rigueur, patience et connaissance des textes anciens.

5 points de difficulté se présentent à celui qui approche un texte ancien :

  • Le ductus : façon dont le scribe trace ses lettres et les dispose sur sa page.
  • Les ligatures : façon dont le scribe lie ses lettres et les mots.
  • La langue et la syntaxe.
  • Les abréviations.
  • Le cadre de production (lieux, temps, usages).

La seule solution pour parvenir à déchiffrer est de se familiariser avec la façon d’écrire du scribe. Une fois une lettre ou un mot reconnus, on cherche à les retrouver dans d’autres mots ou d’autres passages, et ainsi de suite, par approchant, on parvient à reconstituer les mots puis les phrases.

FÉVRIER 2018 : l’étude des clous en archéologie

© ADVC Brie

Pour fabriquer les clous, le fer est obtenu à partir du minerai de fer. Celui-ci relativement abondant à la surface de la terre, est constitué de roches contenant des oxydes de fer.

À l’époque médiévale, les clous sont forgés par les atachiers, les cloutiers ou les forgerons. Pour faire un clou, on utilisait des tiges de fer que l’on cassait à la longueur désirée. Celles-ci étaient ensuite martelées pour obtenir le pied et la pointe du clou. La tête était formée dans une pièce spéciale, la cloutière.

À Brie-Comte-Robert, de nombreux clous ont été trouvés lors des fouilles programmées. Leur étude permettra d’apporter un éclairage sur leur utilisation au château.

Dans les Comptes de la reine Jeanne d’Évreux du XIVe siècle, illustre seigneur du château, on trouve des commandes de clous pour des réparations de sa demeure.

JANVIER 2018 : la découverte d’un four de potier

© ADVC Brie

En 1985, lorsque le tout-à-l’égout était en cours d’installation rue du Général Leclerc (face au n° 40 bis) près de la mairie, les vestiges d’un four de potier ont été mis au jour. Celui-ci, abandonné, était rempli des rejets et de reliquats de fabrication.

La cuisson des poteries s’effectue dans des fours en général enterrés d’un mètre environ. Ils sont constitués d’une aire de chauffe à partir de laquelle le potier alimente le foyer (l’alandier) en combustible. Celui-ci chauffe la chambre de cuisson (le laboratoire). Les pots à cuire sont répartis et empilés sur la sole de la chambre.

Puis le potier monte la voûte de la chambre à l’aide de pots de récupération ou de ratés de cuisson, ici principalement des coquemars, emboités les uns contre les autres et colmatés à l’argile crue.

© ADVC Brie

Le four mis au jour correspond à son dernier état de fonctionnement : il a été totalement remblayé avec les matériaux de sa démolition mais probablement également par des rebuts de cuisson.

Les vestiges de ce four daté du XIVe siècle, contenaient de très nombreux tessons de céramiques qui ont permis un remontage de plusieurs coquemars flammulés (cf. photo ci-dessous), souvent déformés, et tous en pâte sableuse orangée.

De nombreux fragments d’argile brute, ayant servi de ciment d’attache entre les poteries, ont été également retrouvés.

L’association n’a pu profiter que de trois jours de fouille, avant que tout soit définitivement détruit par les pelleteuses.

Centre d’Interprétation du Patrimoine – Architecture

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Salle pédagogique
Centre de documentation
Base archéologique
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